L’Anthropologie appliquée

1.Définitions :

“Anthropologie” est un terme à l’étymologie grecque. Il est composé de anthropos qui signifie humain. Et de logos, qui signifie littéralement parole, mais qui est employé ici au sens de science, de savoir. Donc littéralement, on peut traduire anthropologie comme “Science de l’être humain”, qui étudie celui-ci.

Comme toute discipline scientifique, l’anthropologie a son histoire. Son sens, ses enjeux, ses objets de recherche, n’ont cessé d’évoluer à travers les âges.

Aujourd’hui, de nouveaux champs de recherche ont émergé, notamment l’anthropologie appliquée, dont il est question ici. L’une de ses principales caractéristiques est l’action. Outre la méthodologie d’une enquête minutieuse du terrain, l’enjeu ici est de reconnaître l’usage social de la recherche et de dépasser le carcan de la dichotomie recherche / action.

2.Une action de terrain :

Parmi les actions des chercheurs sur le terrain, on peut prendre pour exemple le travail de Richard Frank Salisbury. À travers bon nombre de ses rapports de recherche, il a su avoir des des répercussions sur la politique publique de son époque, influençant alors les enjeux sociaux-économiques de son temps. En qualité de consultant en anthropologie, il était amené à réfléchir et à prendre la parole sur divers sujets tels que le projet de la Baie James, débouchant sur la naissance de la Convention historique de la Baie James et du Nord québécois en 1975.

On retiendra ici à la fois le rôle d’expert et de médiateur que tient l’anthropologue sur le terrain. Il faut donc à tout prix intégrer comme nécessaire l’intérêt de l’action de terrain pour enrichir la recherche, et celui de la recherche pour mener à bien l’action de terrain.

3.Précautions méthodologiques :

Toutefois, il me semble important de rappeler quelques précautions d’ordre méthodologique et éthique. Il convient que le chercheur, du maximum qu’il le puisse, reste impartial dans son action, et qu’il mesure donc le degré de son implication personnelle sur le terrain. Car une fois que la limite est franchie, le chercheur qui devient acteur, devient dans le même temps l’objet possible de l’étude d’un de ses pairs.

En mon sens, l’une des limites qui ne doit pas être franchie (et cela devient de plus en plus coton, de ce que je constate dans les universités en France depuis fin 2023…), est l’instrumentalisation de la recherche à des fins idéologiques personnelles.

Bien sûr, l’objectivité totale n’existe pas, et il va de soi que même dans les sujets de recherche que nous traitons, il y a une forme d’expression de nos subjectivités personnelle qui se retrouve. Toutefois, dans une optique de respect de notre éthique professionnelle, aucun chercheur ne devrait laisser ses subjectivités affectives laisser prendre le pas sur l'impartialité exigée par la rigueur scientifique de la profession.

4.Champs de recherche et savoir-faire de l’anthropologie appliquée :

L’anthropologie appliquée suppose un certain nombre de savoir-faire et de champs de recherches à explorer.

Prenons par exemple la recherche politique. Le but ici pour le chercheur, sera d’aider les collectivités locales et territoriales, les preneurs de décision au niveau politique. Ce dernier peut également procéder à des évaluations, c’est à dire vérifier la valeur et / ou les résultats (impact) d’un projet social. Le chercheur sert aussi à effectuer des études de besoins, notamment en collectant des données et en tenant compte des variables (sociales, économiques, etc…). Il pourra également faire des plaidoyers, agir pour défendre les droits et intérêts d’un groupe-client. Ou bien faire de la médiation culturelle, où il établira le contact entre programmes sociaux et groupes sociaux. En plus de cela, il maîtrise la retranscription d’entretiens, il peut donc agir comme expert pour réunir les témoignages, le vécu des acteurs sociaux. Et enfin, il participe au développement social en intervenant dans les actions du changement social.

En terme de titre, le chercheur en anthropologie appliquée peut être selon son poste ou sa mission, consultant, analyste social, directeur de projet, coordinateur, médiateur. Et ce, dans de nombreux secteurs d’activité, que ce soit politique, agriculture, développement des ressources humaines, éducation, recherche énergétique, services sociaux, logement ou encore développement urbain.

Levana Azoulay.

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